Purplebricks

 

L’année 2020 débute donc aussi mal que 2019 s’était terminé pour la start-up britannique Purplebricks. Le Daily-Telegraph vient de dévoiler qu’elle avait encaissé plus de 18 millions de livres de commissions… sur des maisons qu’elle n’avait pas vendues. De quoi énerver les vendeurs qui ne manquent pas d’étriller la marque sur sa page Facebook.

Pire, elle aurait dû retirer près de 22 000 offres l’année passée selon le cabinet d’études spécialisé dans l’immobilier TwentyCi. Du côté, de Purplebricks, on avance des difficultés conjoncturelles, liées au Brexit.  « L’agitation du marché a incité les vendeurs comme les acheteurs à ne pas bouger » précise Vinjeru Mkandawire, journaliste au Daily Telegraph.

Il n’empêche, que le modèle Purplebricks commence à poser sérieusement question. En même temps qu’elle se retirait des marchés américain, australien et canadien en fin d’année dernière pour tailler dans ses coûts, la start-up se faisait épingler pour avoir offert des jours de congés supplémentaires à ses employés… en échange de la rédaction de faux avis clients.

Purplebricks a accumulé 135 millions d’euros de perte en 5 ans

Lancée en 2015, Purplebricks propose sur un modèle hybride, entre l’agence immobilière et le particulier à particulier. Elle s’appuie à la fois sur un réseau d’agents immobiliers et des briques technologiques pour proposer une offre à commission fixe aux particuliers souhaitant vendre leur bien immobilier (environ 1 700€ à Londres / 1 150€ dans le reste du Royaume-Uni). L’offre inclut l’accompagnement d’un agent local pour la vente, des photos professionnelles, des plans 2D & la rédaction de l’annonce. En revanche, le vendeur doit s’occuper lui-même des visites.

Enfin, Purplebricks ne conditionne pas sa commission à la vente effective du bien : que la vente ait lieu ou pas, le vendeur paiera la prestation. Ce qui lui a permis à court-terme d’encaisser 18 millions de livres… mais au prix de sérieux doutes sur les performances du modèle qu’elle propose.

D’autant que depuis son lancement, Purplebricks n’a jamais gagné d’argent. Selon le site spécialisé en immobilier « The Negotiator », Purplebricks aurait perdu près de 135 millions d’euros en 5 ans, levant tout de même plus de 210 millions d’euros, notamment auprès d’Axel Springer.

Avec Knock-knock, les anciens employés de Purplebricks signent le retour de la commission au succès

D’autant que Purplebricks est attaqué sur son marché par… d’anciens employés qui viennent de lancer Knock-Knock. Ce nouveau service introduit une commission progressive et payable au succès par le vendeur. Comme Purplebricks, Knock-Knock s’appuie sur un réseau d’indépendants et sur une brique digitale. Mais à la différence de son aîné, Knock-Knock ne prend pas le pari de la commission « low-cost » ! Au contraire, elle introduit une commission progressive, alignée sur les intérêts du vendeur.

La commission de base est fixée à £3 000 (environ 3 500€), payable à la vente. Si le prix de vente est égal au prix de l’estimation réalisée par Knock-Knock, la commission grimpe de £2 000 (environ 2 300€). Enfin, si le prix de vente dépasse le prix estimé, Knock-Knock empoche la moitié de la plus-value, dans la limite de £1 000 (environ 1 150€).

Moins cher qu’une agence immobilière classique, mais pas non plus « low- cost » dans un pays où les agences immobilières adoptent des honoraires compris entre 1,5% et 3% du prix de vente.

Le retour en grâce des honoraires au succès & l’alignement des intérêts vendeurs/acheteurs

En filigrane de la voie empruntée par Knock-Knock se pose (encore) la question des attentes du vendeur. L’approche défendue par Purplebricks du prix bas semble avoir vécue : elle ne permet pas de marges suffisantes pour faire vivre l’entreprise. Si l’offre de la commission est basse pour le vendeur qui vend son bien… la pilule est en revanche amère pour le vendeur qui se retrouve à payer la commission sans avoir vendu.

Et dans ce cas, la parenthèse Purplebricks pourrait bien redonner des couleurs aux agences immobilières britanniques « traditionnelles », sérieusement éprouvées par le Brexit, mais qui ont également su saisir l’importance d’intégrer du digital dans leur offre.

En France, le paiement des honoraires au succès, encadrés par la Loi Hoguet, a toujours cours ! Une promesse forte & engageante pour le vendeur, dont Edmond assouplit l’exécution grâce à sa proposition d’avancer les honoraires d’agence dès le compromis.

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